Plateforme des régions - Élections du Québec 2026

Fédération québécoise des municipalités

Faire du Québec, le Québec de toutes les régions

À l’approche des élections du Québec, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) porte la voix des régions en présentant une plateforme électorale issue d’une vaste mobilisation de ses membres. Cette démarche vise à faire entendre les réalités et les besoins des municipalités auprès des partis politiques appelés à former le prochain gouvernement.

Dans un contexte marqué par d’importants défis économiques, démographiques et infrastructurels, cette plateforme propose une vision claire : donner aux communautés les moyens d’agir, d’assurer l’occupation durable du territoire et de contribuer pleinement à la prospérité du Québec.

Nos priorités pour le milieu municipal

Imposer un moratoire sur l’adoption de toute nouvelle règle qui augmente le fardeau administratif des municipalités et des petites et moyennes entreprises

Investir collectivement pour rebâtir nos infrastructures municipales essentielles

Garantir aux régions l’accueil d’un nombre suffisant de nouveaux arrivant(e)s pour maintenir leur poids démographique

Transférer 5 000 emplois supplémentaires en région pour mettre fin à la concentration des services publics

Compléter la couverture du réseau cellulaire dans toutes les régions afin d’offrir à tous les citoyen(ne)s le même accès à ce service essentiel

Imposer un moratoire sur l’adoption de toute nouvelle règle qui augmente
le fardeau administratif des municipalités et des petites et moyennes entreprises

Depuis des décennies, les gouvernements successifs se sont fait élire en promettant de mettre fin à la surmultiplication des règles et des normes qui s’appliquent, non seulement aux municipalités, mais aussi aux citoyen(ne)s et aux entreprises.

En dépit des engagements électoraux, la vérité choque

Les dernières campagnes électorales ont donné lieu à de nombreux engagements formels visant à alléger ce fardeau qui se sont transformés dans tous les cas en rapport, puis en législation.

Malgré toutes les lois mises en place qui devaient pourtant diminuer le fardeau administratif des municipalités et des entreprises, force est d’admettre que l’effet inverse s’est produit, freinant la réalisation de projets ne comportant pourtant à la base aucune complexité particulière.

Un constat clair

Sans une véritable vision gouvernementale globale et cohérente, tous les ministères et organismes développent leur propre approche et font adopter des lois et règlements répondant à leur mission, sans se soucier de l’effet cumulatif sur les citoyen(ne)s, les entreprises et les municipalités.

Dans un contexte où tous les gouvernements ont été incapables de réduire de façon effective le fardeau et les contraintes administratives imposés aux municipalités et aux entreprises de nos territoires, force est de constater que leurs engagements d’alléger et de diminuer les contrôles ne sont plus perçus comme crédibles.

La Fédération québécoise des municipalités demande aux partis politiques aspirant à former le gouvernement en octobre prochain de s’engager à :

Imposer un moratoire sur l’adoption de toute nouvelle loi ou tout nouveau règlement qui augmente le fardeau administratif des municipalités et des petites et moyennes entreprises.

Investir collectivement pour rebâtir nos infrastructures municipales essentielles

Au fil des décennies, les décisions publiques ont mené le Québec vers un profond déficit de maintien des infrastructures.

  • 49,6 milliards $ en déficit de maintien des infrastructures évalués en 2025.
  • 80 % des ingénieur(e)s expriment un niveau de préoccupation très élevé concernant l’état des infrastructures municipales.
  • 78 % des Québécois(es) estiment que le gouvernement doit prioriser l’entretien des infrastructures essentielles existantes plutôt que d’en construire de nouvelles.

Dans un contexte où les finances publiques sont sous forte pression, l’enjeu n’est pas seulement de dépenser davantage, mais de mieux investir. Cela implique notamment de revoir les normes, obligations et mécanismes de planification que les ministères et organismes ont ajouté au fil des années.

Trois mesures de financement proposées

Voici trois propositions réalistes qui pourraient assurer la majeure partie du financement de ce fonds national spécial, dont la loi constitutive prévoirait une clause crépusculaire de 25 ans.

La Fédération québécoise des municipalités demande aux partis politiques aspirant à former le gouvernement en octobre prochain de s’engager à :

Conclure dès le début du mandat, avec les représentant(e)s du monde municipal, un nouveau pacte fiscal municipal, incluant la création d’un fonds national spécial générant des investissements d’au moins 25G$ sur dix ans pour la réfection des infrastructures municipales essentielles, c’est-à-dire celles liées à l’eau potable, aux eaux usées et à la voirie ainsi qu’aux routes municipales structurantes.

Garantir aux régions l’accueil d’un nombre suffisant de nouveaux arrivant(e)s pour maintenir leur poids démographique

Le déclin démographique frappe de plein fouet les régions du Québec. Le vieillissement accéléré de la population québécoise ainsi qu’un nombre de décès supérieur au nombre de naissances dans 12 des 17 régions administratives du Québec ont déjà des impacts douloureux à bien des égards.

Selon le MIFI, en 2024-2025, 62,8 % des nouveaux arrivant(e)s se sont installés dans les villes de Montréal, Laval et Québec alors que leur poids démographique combiné représente 38 % de la population québécoise. Les régions sont donc victimes d’un déséquilibre et le nombre de nouveaux arrivant(e)s s’installant dans nos communautés doit, au minimum, correspondre à notre poids démographique.

Pour les régions, l’immigration n’est plus au stade du débat

Lors d’un sondage Léger mené auprès des populations des villes de moins de 100 000 habitant(e)s, commandé par la FQM, les Québécois(es) ont un portrait tout à fait différent de celui présenté par certains leaders politiques. Une personne et une famille s’établissant en région, c’est une entreprise qui peut croître, un service qui demeure ouvert et une communauté qui se consolide.

  • 12 régions sur 17 enregistrent un nombre supérieur de décès au nombre de naissances
  • 70 % des Québécois(es) vivant en région affirment que les travailleur(-euse)s issus de l’immigration peuvent soutenir l’économie de leur région
  • 60 % des Québécois(es) vivant en région soutiennent que les personnes immigrantes contribuent déjà positivement à la vitalité des communautés de leur territoire

La Fédération québécoise des municipalités demande aux partis politiques aspirant à former le gouvernement en octobre prochain de s’engager à :

Revoir à la hausse les seuils d’immigration afin que les régions puissent maintenir leur poids démographique et à décentraliser aux MRC et à leurs partenaires les programmes et services d’accueil, d’intégration et de francisation des nouveaux arrivant(e)s.

Combattre le déclin démographique par le logement

Les réticences à l’immigration et la capacité d’accueil limitée se fondent largement sur des capacités limitées en matière d’habitation. Le défi de l’immigration doit se conjuguer à un programme agressif en habitation, de façon à ce que chaque région administrative retourne à une situation d’équilibre entre l’offre et la demande, en tenant compte de l’arrivée de nouveaux arrivant(e)s.

Le déficit d’unités locatives dans les régions compromet leur capacité d’attraction et affaiblit l’occupation dynamique du territoire. L’accueil réussi des personnes immigrantes et des Québécois(es) venus des grands centres ne peut se faire sans une offre adéquate de logements de qualité et à prix raisonnable.

  • 93 % des unités financées par le Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ) de la Société d’habitation du Québec (SHQ) ont été attribuées à des municipalités de 15 000 habitant(e)s et plus
  • 70 % des Québecois(es) jugeaient inabordable le prix pour acheter une propriété et pour louer un appartement
  • 60 % des Québécois(es) soutiennent que les personnes immigrantes contribuent déjà positivement à la vitalité des communautés de leur territoire

Pour bâtir plus vite, plus équitablement et partout sur le territoire, le prochain gouvernement doit faire confiance aux régions.

La Fédération québécoise des municipalités demande aux partis politiques aspirant à former le gouvernement en octobre prochain de s’engager à :

Lancer un véritable chantier national d’urgence afin de répondre à la pénurie de logements, pour construire à un coût moindre, et ce, dans toutes les régions du Québec.

Transférer 5 000 emplois supplémentaires en région pour mettre fin à la concentration des services publics

La concentration des services publics est allée trop loin et menace la vitalité socioéconomique des régions du Québec. Elle dégarnit les régions d’expertises essentielles pour leurs citoyen(e)s et leurs entrepreneur(e)s. Cette tendance est un recul concret de la présence de l’État en région.

Lors des élections générales de 2018, la FQM avait demandé aux différents partis politiques de déconcentrer les activités de l’État en transférant au moins 5 000 emplois en région. La Coalition avenir Québec a pris et a respecté cet engagement avec 5 489 emplois régionalisés entre octobre 2018 et septembre 2024, selon les données publiées par le Secrétariat du Conseil du trésor.

La Fédération québécoise des municipalités demande aux partis politiques aspirant à former le gouvernement en octobre prochain de s’engager à :

– Transférer 5 000 emplois supplémentaires en région au cours des quatre prochaines années, tant de la fonction publique que des agences de l’État;

– Mettre fin à la concentration des services publics et garantir, dans toutes les régions du Québec, un accès réel, prévisible et équitable à des services publics de proximité.

Compléter la couverture cellulaire dans toutes les régions afin d’offrir à tous les citoyen(ne)s le même accès à ce service essentiel

Le Québec a fait des avancées importantes en déployant l’Internet haute vitesse sur l’ensemble du territoire habité. Toutefois, l’accès à une couverture cellulaire complète demeure inachevé, malgré des engagements clairs.

Les cinq partis politiques doivent impérativement s’engager à mettre fin à l’absurdité d’un service de téléphonie cellulaire inégal, défaillant et qui freine sérieusement le développement et la compétitivité économique de nos régions, lorsqu’il ne menace pas la sécurité même des citoyens et des citoyennes. Laisser des portions du territoire habité sans signal cellulaire revient à maintenir des angles morts inacceptables pour les citoyen(ne)s, les visiteur(-euse)s et les travailleur(-euse)s en situation d’urgence.

La Fédération québécoise des municipalités demande aux partis politiques aspirant à former le gouvernement en octobre prochain de s’engager à :

Compléter l’engagement gouvernemental d’assurer un service de téléphonie cellulaire fiable dans l’ensemble du Québec habité afin d’offrir à tous les citoyen(ne)s québécois, qu’ils soient des grandes villes ou en région, le même accès à ce service essentiel au développement et à la compétitivité économique ainsi que pour des raisons de sécurité, particulièrement les corridors routiers, les secteurs isolés et les zones à risque.